Prise en charge de l’incontinence urinaire chez la femme

La compréhension de prise en charge de l’incontinence urinaire chez la femme est essentielle pour les personnes qui vivent avec l’incontinence urinaire ou fécale. En France, plus de 5 millions de personnes sont touchées par ces troubles, qui impactent significativement la qualité de vie au quotidien. Les protections adaptées — couches adultes, slips absorbants, changes complets — jouent un rôle central dans la gestion de ces situations.

Avant d’entreprendre tout traitement, il est essentiel d’éliminer la possibilité d’une infection urinaire. La prise en charge de l’incontinence varie selon qu’elle est d’effort ou liée à une instabilité vésicale. Un suivi régulier est crucial pour réussir et consolider les résultats.

L’incontinence urinaire d’effort (IUE)

Elle est de loin la plus fréquente, représentant 60 à 70% des cas d’incontinence chez la femme. Elle est évoquée lorsque des fuites surviennent à l’effort sans être précédées du besoin d’uriner. Elle peut résulter d’une insuffisance sphinctérienne urétrale et/ou d’un défaut de transmission des pressions.

Traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux a peu de place dans ce type d’incontinence. Son efficacité est souvent controversée. Il repose sur la prescription prudente et à court terme d’alpha-mimétiques et d’une hormonothérapie substitutive (estrogènes) si la patiente est ménopausée.

Estrogénothérapie

Les hormones estrogéniques renforcent la trophicité de la musculature de l’urètre et sensibilisent la réponse aux alpha-stimulants. Elles provoquent une augmentation de la pression urétrale et améliorent la force des muscles périnéaux par un effet local.

Deux voies d’administration sont possibles :

  • Voie locale : Efficace sur le plan génito-urinaire sans conséquences métaboliques. Les estrogènes sont administrés 20 à 30 jours sans interruption en traitement d’attaque, puis en entretien 2 à 3 jours par semaine le soir au coucher. Exemples : promestriène (COLPOTROPHINE) en ovule ou crème, estriol associé à de la progestérone et à des bacilles de Doderlein en gélules (TROPHIGIL) ou en crème (TROPHICREME).
  • Voie générale : Dans le cadre du traitement substitutif de la ménopause. L’administration des estrogènes s’effectue par voie percutanée (patchs ou crèmes) ou par voie orale. Ils doivent être associés à un progestatif non androgénique pendant dix à douze jours par mois. Des associations oestroprogestatives « prêtes à l’emploi » peuvent également être utilisées (KLIOGEST, TRISEQUENS).

Les contre-indications de l’estrogénothérapie, qui ne concernent que la voie générale, sont nombreuses (cancer du sein et de l’utérus, antécédents thromboemboliques, tabagisme, troubles hépatiques, insuffisance rénale sévère, diabète, dyslipidémie, etc.). La prescription et le suivi du traitement doivent donc être très soigneusement conduits.

Médicaments renforçant le tonus sphinctérien

Il s’agit des alpha-stimulants (RINUTAN, RINUREL, DENORAL), qui, associés au traitement hormonal, agissent par une action alpha-adrénergique. Ils produisent des effets toniques de type constricteur par fermeture du col et augmentation du tonus urétral. Leur utilisation doit être limitée dans le temps.

Ayant pour chef de file l’éphédrine et ses dérivés, ils peuvent entraîner des effets indésirables tels que somnolence, sécheresse de la bouche, sudation, anxiété, insomnie, nausées, troubles cutanés. Plus préoccupants chez les personnes âgées sont les céphalées, la gêne respiratoire, les tremblements, l’hypertension artérielle, les palpitations et l’agitation. Prudence est donc de mise en cas d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque ou d’hyperthyroïdie.

Conclusion

Le traitement médicamenteux de l’IUE est rarement envisagé. Réservé à une défaillance urinaire modérée, il ne saurait constituer un traitement satisfaisant à lui seul. Il est donc, lorsqu’il est prescrit, toujours associé à des techniques rééducatives.

Rééducation

Les moyens de la rééducation sphinctérienne sont maintenant standardisés : kinésithérapie, électrostimulation fonctionnelle et biofeedback. Son déroulement amène la patiente à évoluer en quatre stades, de la prise de conscience à l’automatisme, en passant par la musculation et le verrouillage périnéal sur commande volontaire.

Techniques de prise de conscience

Moins de la moitié des femmes sont capables de contracter correctement le plancher pelvien, quelle que soit l’instruction verbale ou écrite utilisée. Un grand nombre d’entre elles poussent avec le ventre au lieu de contracter les muscles périnéaux.

Questions-Réponses

1. Quels sont les principaux types d’incontinence chez la femme ? L’incontinence urinaire d’effort (IUE) et l’instabilité vésicale sont les deux principaux types.

2. Quels traitements sont généralement prescrits pour l’IUE ? Le traitement médicamenteux est limité et peut inclure des alpha-mimétiques et une hormonothérapie substitutive (estrogènes).

3. Quelles sont les techniques de rééducation recommandées pour l’incontinence ? Les techniques incluent la kinésithérapie, l’électrostimulation fonctionnelle et le biofeedback.

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FAQ — Questions fréquentes

Quels types de protections sont recommandés pour l’incontinence urinaire ?

Le choix dépend de l’intensité des fuites. Pour une incontinence légère, une protection anatomique ou un slip absorbant discret suffit. Pour une incontinence modérée à sévère, un change complet (couche adulte) offre une meilleure absorption et une protection plus longue durée, notamment la nuit.

Comment choisir entre un change complet et un slip absorbant ?

Le change complet (couche adulte avec attaches) convient aux personnes alitées ou à mobilité réduite, car il peut être posé sans se lever. Le slip absorbant, semblable à un sous-vêtement, est préféré pour les personnes actives qui souhaitent discrétion et autonomie lors des changes.

Les couches adultes sont-elles remboursées par l’Assurance Maladie ?

Oui, partiellement. Les changes complets (couches adultes avec attaches) sont inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP) remboursables sous conditions : incontinence avérée, prescription médicale, et produits référencés. Le remboursement ne couvre pas les slips absorbants ni les protections anatomiques.