Procédé de rose pour l’incontinence

# Procédé de Rose pour l’incontinence Le procédé de Rose vise à traiter l’incontinence en suture l’urèthre et le vagin, puis en créant une fistule vésico-rectale. Bien que certains résultats semblent satisfaisants, cette méthode présente de nombreux inconvénients et a été critiquée par plusieurs praticiens. ## Sommaire – Introduction – Cas cliniques et résultats – Cas de la jeune femme opérée par Morisani – Cas de deux femmes par Frilsch – Échec de Czerni – Critiques du procédé de Rose – Observation clinique de Caroline IL… – Deuxième groupe d’opérations ## Introduction Rose, pour débarrasser les malades de leur incontinence, propose de suturer l’urèthre et le vagin, puis de créer une fistule vésico-rectale. Il n’a mis en œuvre son procédé qu’une seule fois et accuse un résultat en apparence satisfaisant. La malade évacuait volontairement ses urines toutes les 3 ou 4 heures. Aucun phénomène de recrudescence ne se produisit ; et à l’autopsie qui fut faite peu de temps après l’opération, la muqueuse rectale fut trouvée absolument saine. ## Cas cliniques et résultats ### Cas de la jeune femme opérée par Morisani Consalvi (1), citant le cas d’une jeune femme, opérée par le professeur Morisani, dit que « les suites de l’opération furent des plus simples. Un seul orifice était conservé, l’anus, et la malade put arriver à contracter ou à relâcher le sphincter à volonté, ou autrement dit, à tenir clos ou à ouvrir, suivant ses besoins, son cloaque vésico-rectal. » ### Cas de deux femmes par Frilsch Frilsch (2) parle du cas de deux femmes qui vaquaient à leurs occupations sans trop de gêne, avec des cloaques vésico-rectaux qu’il leur avait créés. ### Échec de Czerni En revanche, Czerni, cité par Lomer (3), échoua et, après des tentatives répétées, laissa sa malade dans le même état où il l’avait trouvée. D’autres opérateurs encore, et non des moins habiles, ont eu l’occasion de soumettre avec des résultats variables l’opération de Rose au critérium de la pratique (1). ## Critiques du procédé de Rose Ce procédé nous semble mauvais pour des raisons multiples. Il est d’une exécution difficile, tous les chirurgiens qui l’ont mis en pratique sont unanimes à le reconnaître. Il supprime la vie génitale de femmes souvent jeunes encore. Cette dérivation de l’urine vers le canal intestinal peut devenir dangereuse pour les malades, on le comprend facilement. L’opérée de Rose n’est-elle pas morte de pyélonéphrite peu de temps après l’opération ? Dans un cas opéré par Schræder, ne fallut-il pas ouvrir de nouveau la vulve à cause des accidents que déterminaient le passage des fèces et la stagnation de l’urine (2) ? L’idée de vouloir faire jouer à l’ampoule rectale le rôle dévolu à la vessie repose, comme l’a démontré M. Pousson (3), sur « une fausse interprétation des données de la physiologie comparée et sur une insuffisante observation des faits pathologiques. » Aussi, malgré des faits assez nombreux dans lesquels les résultats fonctionnels sont déclarés satisfaisants, l’établissement d’une fistule recto-vaginale avec occlusion du vagin, que Fritsch (1) appelle « une mutilation qu’une malade ne permet que lorsque de longues années d’incontinence avec tous ses désagréments l’ont rendue lâche, mais que bientôt elle regrette et devient hypocondriaque », est un procédé qui nous semble devoir être proscrit de la thérapeutique chirurgicale des incontinences dont nous nous occupons. ## Observation clinique de Caroline IL… Caroline IL…, femme de 82 ans, fut admise à l’Hôpital de la Charité le 18 avril 1881. Le 16 avril, elle avait été accouchée par le forceps après un travail long et douloureux. Trois jours après, gonflement des organes génitaux externes, fièvre et écoulement fétide de liquides et de débris sphacélés. Six jours après l’accouchement, de l’urine et des matières fécales sortirent par le vagin. ### Examen local À l’entrée du vagin, on remarque une tumeur ronde, très rouge, qui se laisse réduire : c’est la muqueuse de la vessie qui fait hernie. L’urètre en entier manque, ainsi que la plus grande partie de la paroi recto-vaginale. Les parois latérales du vagin sont composées de tissus friables. La paroi postérieure persiste, mais elle présente, à 4 centimètres au-dessus du sphincter anal, une fistule recto-vaginale dans laquelle on peut introduire le doigt. C’était là un cas où il était indiqué de pratiquer l’opération de Rose, c’est-à-dire de se servir du sphincter anal comme sphincter vésical. Le 15 juin, le professeur Schræder aviva les bords de la vulve dans une largeur de 1 centimètre, en excisant le clitoris, et les sutura avec 20 fils. Dans les jours qui suivirent l’opération, l’urine et les fèces passaient par l’anus. Le 26 juin, enlèvement des sutures : de l’urine s’écoule par les orifices et par une partie de la plaie. Malgré des cautérisations, deux fistules persistèrent. La fistule recto-vaginale a des tendances à se fermer, ce que l’on cherche à empêcher par la dilatation digitale. Le 10 septembre, puis le 19 octobre, on essaya en vain de fermer les fistules. Le 12 novembre enfin, elles manifestèrent des tendances à s’oblitérer. La malade pouvait garder ses urines et ses matières pendant deux à trois heures, puis les éliminer par l’anus. Le 23 décembre, la femme IL… quitta l’hôpital ; il restait une petite fistule à la partie supérieure de la vulve, à travers laquelle s’écoulait de temps à autre un peu d’urine. La malade éliminait ses urines et ses fèces par le rectum, mais toujours avec de vives douleurs. La constipation était opiniâtre. L’état de la malade, sans être bien agréable, était supportable. En février 1882, le sang des règles s’élimina par l’anus. La seconde menstruation lui occasionna des douleurs atroces, avec sensation de brûlure dans le rectum ; à partir de ce moment, elle se trouva moins bien, éprouvant constamment une grande pesanteur dans la cavité vésico-vaginale, avec la sensation de quelque chose qui serait sur le point d’éclater. Pour se soulager, la malade introduisait un corps pointu dans la fistule qui avait persisté et vidait ainsi un peu du contenu du cloaque. Au milieu de ces souffrances, l’état général se détériorait de plus en plus ; en octobre 1882, son existence lui était devenue insupportable et elle vint à la clinique de Schræder pour qu’on lui rouvrit son vagin. C’est ce qui fut fait le 20 octobre. La cicatrice fut excisée et ses bords suturés. On trouva dans le cloaque un liquide fétide, des concrétions urinaires, des restes de matières fécales, etc. Immédiatement après l’opération, la malade se trouva très soulagée. Le 8 novembre, la malade rentra chez elle avec un urinal. D’après ces lettres, elle est tout à fait satisfaite de son état. Frœlich, en rapportant cette observation dans sa thèse, la fait judicieusement suivre de la réflexion suivante : « ce cas montre, mieux que ne le ferait toute discussion, les inconvénients de ce procédé, la difficulté et la longueur de son exécution, et les dangers consécutifs auxquels est exposée l’opérée, la sagacité et l’habileté de l’opérateur ne pouvant être mises en doute. » ## Deuxième groupe d’opérations Les opérations du deuxième groupe ont toutes pour but de restaurer l’urèthre de manière à constituer un canal capable de retenir les urines. Ces opérations, fort nombreuses, ne diffèrent souvent les unes des autres que par des détails, et peuvent être groupées, d’après le principe même visé par l’inventeur, en deux méthodes. ### Méthode de resserrement simple – Méthode de resserrement simple du canal de l’urèthre dilaté par excision du septum uréthro-vaginal. – Ce groupe comprend les procédés de Schultze, Franck, Winckel, Engström. – Nous avons ajouté le procédé de Desnos dont la technique est toute différente, mais dont le but est encore le resserrement du canal. ### Méthode de resserrement par déviation – Méthode de resserrement du canal par déviation, torsion, allongement de son axe, soit seuls ou combinés. – Les opérations de cette classe sont celles de Pawlick, Du ret, Gersuny, Pousson, Albarran. — ### Questions-Réponses 1. Quel est le but principal du procédé de Rose ? – Le but principal du procédé de Rose est de traiter l’incontinence en suturant l’urèthre et le vagin, puis en créant une fistule vésico-rectale. 2. Quels sont les principaux inconvénients du procédé de Rose ? – Les principaux inconvénients incluent la difficulté d’exécution, la suppression de la vie génitale chez des femmes jeunes, et le risque de complications graves comme la pyélonéphrite. 3. Quels sont les deux groupes d’opérations mentionnés dans le texte ? – Le premier groupe concerne les procédés de création de fistules, tandis que le deuxième groupe vise à restaurer l’urèthre pour permettre la rétention des urines.
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Foire aux questions

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