Le prolapsus génito-urinaire touche une femme sur deux après 50 ans à des degrés variables. Pourtant, beaucoup ignorent son nom et ses symptômes. Ce guide, basé sur les recommandations de l’Association Française d’Urologie, explique ce qu’est le prolapsus, ses causes, comment il se manifeste et les traitements disponibles.
Qu’est-ce que le prolapsus génito-urinaire ?
Le prolapsus correspond à la protrusion d’un ou plusieurs organes pelviens (vessie, utérus, rectum) à travers une hernie de la paroi vaginale. Il s’aggrave lors des poussées abdominales (toux, effort de soulèvement, constipation). On distingue trois types selon l’organe concerné :
- Cystocèle (colpocèle antérieure) : descente de la vessie
- Hystéroptose (colpocèle apicale ou moyenne) : descente de l’utérus, ou du dôme vaginal si hystérectomie
- Rectocèle ou élytrocèle (colpocèle postérieure) : descente du rectum ou du cul-de-sac de Douglas
Les facteurs de risque du prolapsus
- Gynécologiques : ménopause (carence en œstrogènes fragilisant les tissus de soutien)
- Obstétricaux : grossesses multiples, accouchement par voie basse avec instruments, enfants de plus de 4 kg
- Chirurgicaux : hystérectomie (risque de prolapsus du dôme vaginal)
- Constitutionnels : antécédents familiaux, origines caucasiennes ou hispaniques
- Mode de vie : constipation chronique, toux chronique (tabagisme, bronchite), activité physique intense
Comment se manifeste un prolapsus ?
Le symptôme principal est la sensation d’une « boule vaginale » ou d’une pesanteur pelvienne, majorée en position debout et en fin de journée. Selon l’organe concerné, d’autres symptômes peuvent s’associer :
- Symptômes urinaires : hyperactivité vésicale (urgences, fuites), obstruction sous-vésicale (dysurie, mictions en deux temps, infections urinaires récidivantes)
- Symptômes génitaux et sexuels : dyspareunie, sensation de béance vulvaire
- Symptômes digestifs (pour la rectocèle) : faux besoins, dyschésie, nécessité de refouler le prolapsus pour déféquer
Le diagnostic : essentiellement clinique
Dans la grande majorité des cas, le diagnostic de prolapsus est clinique, sans examens complémentaires. L’examen au spéculum avec une seule valve, en demandant à la patiente de pousser, permet de visualiser les trois étages (antérieur, moyen, postérieur) et de grader le prolapsus selon la classification de Baden-Walker.
Une imagerie dynamique (IRM pelvienne dynamique, colpocystodéfécographie) n’est recommandée qu’en cas de prolapsus récidivé, de situation complexe ou si des troubles ano-rectaux prédominent.
Options thérapeutiques
Le traitement dépend du grade du prolapsus, des symptômes et des préférences de la patiente :
- Rééducation périnéale : efficace pour les prolapsus de grade 1-2, elle renforce les muscles de soutien et améliore les symptômes fonctionnels
- Pessaire : dispositif intravaginal qui maintient les organes en place. Très efficace, proposé aux femmes qui ne souhaitent pas d’opération ou qui attendent une chirurgie
- Hormonothérapie locale : crème ou ovule à base d’œstriol pour améliorer la trophicité des tissus vaginaux à la ménopause
- Chirurgie : promontofixation (fixation à la colonne vertébrale par voie laparoscopique) ou voie vaginale selon les cas. Très efficace pour les prolapsus symptomatiques de grade 3-4
FAQ — Prolapsus génito-urinaire
Le prolapsus est-il dangereux pour la santé ?
Un prolapsus génito-urinaire n’est généralement pas dangereux pour la santé à court terme. Cependant, une plicature des uretères par un prolapsus important peut provoquer une insuffisance rénale obstructive rare mais sérieuse. Par ailleurs, les infections urinaires récidivantes liées à l’obstruction sous-vésicale doivent être traitées.
Un prolapsus peut-il s’aggraver avec le temps ?
Oui, un prolapsus non traité a tendance à progresser lentement, surtout après la ménopause. La prévention passe par la rééducation périnéale précoce, la lutte contre la constipation, la perte de poids et le traitement d’une toux chronique.
Peut-on utiliser un pessaire à long terme ?
Oui. Le pessaire est une solution de long terme parfaitement viable. Il doit être changé et nettoyé régulièrement (tous les 3 à 6 mois en consultation). Une hormonothérapie locale est souvent associée pour prévenir les érosions vaginales et faciliter l’insertion.


