La compréhension de techniques chirurgicales pour l’incontinence urinaire est essentielle pour les personnes qui vivent avec l’incontinence urinaire ou fécale. En France, plus de 5 millions de personnes sont touchées par ces troubles, qui impactent significativement la qualité de vie au quotidien. Les protections adaptées — couches adultes, slips absorbants, changes complets — jouent un rôle central dans la gestion de ces situations.
Ce document présente diverses méthodes chirurgicales pour traiter l’incontinence urinaire, en se concentrant sur les techniques de Delbet, Pawlick, Duret, Gernusy, Pousson et Albarran. Chaque méthode est accompagnée d’observations cliniques pour illustrer leur efficacité et les résultats obtenus.
Observation XII : Procédé de Delbet
Multipare de 54 ans ayant une incontinence complète d’urine. Elle tousse fréquemment et à chaque quinte l’urine s’échappe. À l’examen local, on remarque que la colonne antérieure du vagin a disparu et qu’elle est remplacée par une double ligne de tubercules latéraux et une très mince couche de muqueuse. Un accouchement était la cause de cette disparition.
La malade fut opérée par le procédé Delbet le 26 janvier 1895. Le résultat fut assez satisfaisant : cependant, l’auteur dut intervenir une seconde fois, le 26 février, en ayant soin de pousser plus loin la dissection des lambeaux latéraux et de multiplier les points de suture. Cette fois, le résultat désiré fut complet.
Méthode de resserrement de l’urètre
Les principaux procédés sont ceux de Pawlick, Duret, Gernusy, Pousson et Albarran.
Procédé de Pawlick
Le procédé de Pawlick consiste à coudre l’urètre autour du ligament supérieur, puis à le tendre fortement dans le sens transversal, de manière à accoler ses deux parois l’une à l’autre.
Procédé de Duret
Le procédé de Duret consiste à transformer l’urètre en une pente transversale, le relever jusqu’au niveau du clitoris, et assurer la fermeture du canal en maintenant ses parois appliquées l’une contre l’autre par l’allongement et la distension de la paroi postérieure. Ce procédé a donné d’excellents résultats.
Procédé de Gernusy
Gernusy a imaginé un très ingénieux procédé qui consiste à faire une torsion de 180° à l’urètre suivant son grand axe, ce qui le transforme, en son milieu, en tuyau de caoutchouc tordu sur lui-même, rappelant ainsi la fermeture de certaines blagues à tabac.
Procédé de Pousson
Ce procédé consiste à faire subir une torsion au canal de l’urètre et à relever le méat jusqu’au clitoris. Voici la technique :
Faire une incision circulaire à un demi-centimètre de distance des bords du méat, et à partir de cette incision, disséquer le canal de l’urètre sur une étendue de 1 centimètre et demi. Tâcher de conserver autour du cordon de l’urètre une épaisseur de tissu suffisante pour assurer sa nutrition. Puis inciser verticalement les tissus du vestibule, jusqu’à la base du clitoris. Faire subir au canal un mouvement de rotation sur son axe, de près de 120 degrés, et en même temps l’attirer en avant et fortement en haut, puis le fixer dans cette position aux tissus du vestibule par une série de sutures en catgut, occupant seulement les deux tiers de sa circonférence, en forme de fer à cheval.
Réunir par des points les lèvres de la plaie restée béante, à la suite de l’étirement de l’urètre vers le haut, et réparer toute cette région de façon à former un tubercule au-dessus du méat, et donner à ce dernier la forme d’une fente transversale.
Procédé d’Albarran
Albarran, comme Pousson, relève le méat jusqu’au clitoris, mais au lieu de faire subir une rotation à l’urètre, il le rétrécit en créant une sorte de crêpe dans sa lumière. Une incision longitudinale part en dessous du clitoris et se prolonge jusqu’au méat qu’elle contourne à droite et à gauche, jusqu’au niveau de son bord inférieur. En ce point, une incision transversale, tangentielle à la première, permet de séparer deux lambeaux latéraux de forme triangulaire.
Dans la portion qui conscrit le méat, l’incision passe à 3 millimètres de l’orifice, ce qui permet de conserver autour de l’urètre une épaisseur de tissu suffisante pour en assurer la nutrition. Les lambeaux étant disséqués et relevés avec des crochets, l’urètre est disséqué et isolé jusque après le col de la vessie. Une pince saisit le méat et, en le tirant vers le vagin, permet de bien voir la paroi supérieure de l’urètre. Je passe alors dans la demi-circonférence supérieure du canal un fil de soie. Ce fil a pour but de plisser la paroi supérieure de l’urètre de manière à former, dans l’intérieur de l’urètre, un éperon.
Pour ce faire, je passe une aiguille de Hagedorn dans la moitié gauche de la demi-circonférence supérieure de l’urètre, et, la faisant ressortir près de la ligne médiane, je parcours, dans la moitié droite de cette demi-circonférence, le même chemin en sens inverse, en ayant soin de ne pas faire pénétrer l’aiguille dans la lumière du canal. Je passe ainsi un premier fil au niveau de la portion la plus reculée de l’urètre disséqué et un second fil au niveau du méat urinaire. Une sonde n° 15 est alors introduite dans la vessie et les deux fils, successivement noués, sont coupés au ras du nœud. Dans le calibre rétréci de l’urètre, fait saillie l’éperon.
Cette première partie de l’opération terminée, je relève le méat urétral jusqu’au-dessous du clitoris et les lambeaux latéraux qui étaient soulevés par des crochets sont rabattus. Un point de suture fixe alors le bord du méat au-dessous du clitoris. Les deux bords libres des lambeaux sont suturés l’un à l’autre et donnent ainsi un point d’appui à la portion inférieure de l’urètre.
Observation XIII : Procédé de Pousson
Femme de 52 ans, encore bien réglée ; elle a eu deux couches : depuis la dernière, qui remonte à 18 ans, elle est atteinte d’une incontinence d’urine. Elle se présente à la consultation le 12 juin 1891. À l’examen local, on voit que tout est normal du côté de l’appareil génital, que l’orifice de l’urètre est largement ouvert ; un explorateur à boule n° 30 passe facilement.
La malade fut opérée d’après le procédé de Pousson le 15 juin. On a laissé à demeure 48 heures une sonde. La réunion de la plaie fut prompte ; les jours qui suivirent l’intervention, on constate une légère pollakiurie qui ne tarde pas à disparaître.
Observation XIV : Procédé d’Albarran
Femme de 49 ans, ayant eu quatre enfants. Elle se présente avec une incontinence complète d’urine. L’examen local montre une grande dilatation de l’urètre et une légère chute de la paroi antérieure du vagin. Une électrothérapie prolongée n’a donné aucun résultat.
Albarran se décide à l’opérer. Une sonde est laissée à demeure pendant une semaine. Mais le résultat n’est pas parfait. La malade couchée garde ses urines, mais elle les perd debout. Albarran attribue ce résultat imparfait à deux causes : soit l’incurvation de l’urètre obtenue par l’opération ne s’est pas complètement maintenue, soit la contractilité du sphincter a disparu ainsi que l’a révélé l’examen électrique.
Restauration du plancher périnéal
Lorsqu’il s’agit d’une incontinence d’urine liée à un prolapsus, les opérations de correction urétrale n’ont aucun effet ; seule la colporraphie antérieure et périnéorraphie sont indiquées. Telle est l’opinion émise par Pozzi en 1892 à la Société de chirurgie au sujet de la communication de Pousson sur les opérations de correction urétrale.
Certains chirurgiens ne sont pourtant pas absolument partisans des conclusions de Pozzi ; Boursier en particulier dit avoir pratiqué une colpopérinéorraphie chez une malade ayant de l’incontinence d’urine causée par un prolapsus génital et n’avoir obtenu aucun résultat : la malade perdait ses urines après l’opération comme avant.
Quoi qu’il en soit, la colpopérinéorraphie nous paraît l’opération de choix des incontinences d’urine liées au prolapsus, car elle s’attaque à la cause même de ce prolapsus et la supprime. Cependant, dans le cas opéré par Boursier, elle n’a pas réussi. Il est toujours temps alors de s’adresser directement à l’urètre et de pratiquer l’opération d’Albarran, qui est de beaucoup préférable à tous les procédés de déviation, de torsion et d’allongement de l’axe de l’urètre.
Questions-Réponses
1. Quel est le but principal des techniques chirurgicales présentées dans le texte ? Le but principal est de traiter l’incontinence urinaire en reconstituant la structure de l’urètre et en corrigeant les anomalies anatomiques.
2. Quelles sont les complications possibles des procédures chirurgicales pour l’incontinence urinaire ? Les complications peuvent inclure une incontinence persistante, des infections, des saignements, ou des problèmes liés à la cicatrisation des tissus.
3. Pourquoi la colpopérinéorraphie est-elle considérée comme l’opération de choix pour les incontinences d’urine liées au prolapsus ? Elle est considérée comme l’opération de choix car elle s’attaque à la cause même du prolapsus, en renforçant le plancher pelvien et en corrigeant les anomalies anatomiques.
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FAQ — Questions fréquentes
Quels types de protections sont recommandés pour l’incontinence urinaire ?
Le choix dépend de l’intensité des fuites. Pour une incontinence légère, une protection anatomique ou un slip absorbant discret suffit. Pour une incontinence modérée à sévère, un change complet (couche adulte) offre une meilleure absorption et une protection plus longue durée, notamment la nuit.
Comment choisir entre un change complet et un slip absorbant ?
Le change complet (couche adulte avec attaches) convient aux personnes alitées ou à mobilité réduite, car il peut être posé sans se lever. Le slip absorbant, semblable à un sous-vêtement, est préféré pour les personnes actives qui souhaitent discrétion et autonomie lors des changes.
Les couches adultes sont-elles remboursées par l’Assurance Maladie ?
Oui, partiellement. Les changes complets (couches adultes avec attaches) sont inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP) remboursables sous conditions : incontinence avérée, prescription médicale, et produits référencés. Le remboursement ne couvre pas les slips absorbants ni les protections anatomiques.


