La compréhension de 1.2.2 l’impériosité mictionnelle est essentielle pour les personnes qui vivent avec l’incontinence urinaire ou fécale. En France, plus de 5 millions de personnes sont touchées par ces troubles, qui impactent significativement la qualité de vie au quotidien. Les protections adaptées — couches adultes, slips absorbants, changes complets — jouent un rôle central dans la gestion de ces situations.
La prise en charge de l’impériosité mictionnelle doit être étiologique avant d’être symptomatique. Cela inclut la levée d’un obstacle urétral, le traitement d’une cystite, le traitement hormonal, et la suppression des drogues facilitatrices. Si la symptomatologie persiste, un traitement pharmacologique associé à des thérapeutiques comportementales peut être envisagé.
Le traitement pharmacologique
De nombreuses drogues sont efficaces sur l’hyperactivité du détrusor.
Les anticholinergiques
Ce sont les drogues les plus efficaces sur l’hyperactivité du détrusor. Elles agissent directement au niveau des récepteurs cholinergiques de la vessie, favorisant ainsi la relaxation du détrusor et augmentant la capacité vésicale fonctionnelle pour réduire le nombre de mictions.
Leurs effets secondaires peuvent inclure une sécheresse buccale, des troubles de l’accommodation, une tachycardie, des nausées, de la constipation, de la somnolence, des risques d’état confusionnel et de rétention d’urine. La prescription doit être progressive pour trouver la dose la plus faible pour le confort optimal.
Trois contre-indications absolues sont à respecter : glaucome à angle fermé, adénome prostatique, dysurie.
Les principaux anticholinergiques sont :
- Oxybutynine (DITROPAN, DRIPTANE) : nécessite 3 à 4 prises orales quotidiennes en raison de sa courte demi-vie.
- Toltérodine (DETRUSITOL).
- Trospium (CERIS) : améliore la compliance au traitement avec deux comprimés par jour et diminue les effets secondaires.
Les antispasmodiques musculotropes
Ils agissent directement sur la fibre musculaire. Leur chef de file est le flévoxate (URIPAS), qui possède des propriétés relaxantes sur la musculature lisse du tractus urinaire et des effets analgésiques.
Les antidépresseurs tricycliques
Le plus utilisé est l’imipramine (TOFRANIL), qui combine des propriétés anticholinergiques centrales et locales, une action antispasmodique et alpha mimétique. Les doses doivent être adaptées à la tolérance individuelle, avec une augmentation progressive jusqu’à 50 mg trois fois par jour.
Les autres médicaments
Ils possèdent une action potentielle sur la contractilité vésicale et sont parfois utilisés en dehors des indications habituelles :
- Inhibiteurs calciques : nifédipine, vérapamil.
- AINS : par leur effet anti-prostaglandine.
- Agonistes bêta-adrénergiques : terbutaline.
- Baclofène.
Pour tous ces produits, les effets indésirables sont généralement nombreux, limitant leur utilisation à des cas particuliers.
La rééducation
La kinésithérapie avec biofeedback renforce le tonus périnéal et apprend aux patientes à contrôler leur périnée, influençant certains mécanismes inhibiteurs de la vessie. L’électrostimulation du périnée avec des courants de basse fréquence permet également de diminuer les seuils de contraction de la vessie.
La prescription de rééducation comprend généralement 12 séances associant kinésithérapie, biofeedback et électrostimulation basse fréquence. Ce traitement est souvent prescrit en deuxième intention, soit isolément, soit en association avec un traitement anticholinergique.
Le traitement comportemental
Il est basé sur une explication des phénomènes physiologiques et sur l’utilisation du calendrier mictionnel comme outil de rééducation du comportement vésical. Ce moyen simple permet de rééduquer la vessie en retardant progressivement le moment d’aller aux toilettes.
La marche à suivre s’effectue en deux temps :
- Pendant 3 à 5 jours, noter les moments d’envie impérieuse d’uriner et le temps écoulé entre chaque envie.
- Établir un agenda pour aller aux toilettes à heures fixes, basé sur le laps de temps entre deux mictions, auquel on ajoute 15 minutes.
Ce programme doit être respecté même si le besoin d’uriner n’est pas ressenti. Si une envie se manifeste avant le moment prévu, des techniques comme se pencher en avant ou contracter le plancher pelvien peuvent aider à réduire ce besoin.
Les règles hygièno-diététiques
La quantité quotidienne de liquide ingéré ne doit pas être diminuée pour éviter les infections urinaires. Il est recommandé de boire 6 à 8 grands verres de liquides par jour, de préférence à intervalles réguliers.
Les boissons excitantes (thé, café, cola, cacao) et alcoolisées doivent être évitées, car elles stimulent la production d’urine. La constipation peut également aggraver les troubles urinaires, d’où l’importance d’un apport suffisant en fibres et en eau.
Enfin, une perte de poids peut améliorer les troubles de la continence en cas de surcharge pondérale.
Les perspectives d’avenir : le système de neuromodulation
La deuxième conférence de consensus sur l’incontinence urinaire, tenue à Paris en juillet 2001, a souligné l’importance de la neuromodulation des racines sacrées en cas d’échec des traitements classiques. Bien que cette méthode soit utilisée en France depuis 1996, sa diffusion reste limitée en raison de son non-remboursement, malgré un taux de succès de 80%.
La neuromodulation des racines sacrées rééquilibre les arcs réflexes contrôlant la miction en utilisant de faibles impulsions électriques pour stimuler un nerf situé dans le bas du dos. Cette thérapie se déroule en deux étapes : un test de stimulation suivi d’une intervention chirurgicale pour implanter un système permanent en cas de test positif.
Le test de stimulation consiste à placer une électrode près d’un nerf sacré et à la relier à un stimulateur externe. Si les troubles urinaires s’améliorent pendant le test, l’implantation du système permanent est réalisée.
Le système permanent comprend une électrode fixée chirurgicalement sur l’os du sacrum, reliée à un neurostimulateur implantable sous la peau. Cette intervention est simple, dure généralement deux heures et est totalement réversible.
Questions-Réponses
Q1 : Quelles sont les principales classes de médicaments utilisés pour traiter l’impériosité mictionnelle ? R1 : Les principales classes comprennent les anticholinergiques, les antispasmodiques musculotropes, les antidépresseurs tricycliques, et d’autres médicaments comme les inhibiteurs calciques et les AINS.
Q2 : Quelle est l’importance de la rééducation dans le traitement de l’impériosité mictionnelle ? R2 : La rééducation aide à renforcer le tonus périnéal et à apprendre aux patientes à contrôler leur périnée, influençant ainsi les mécanismes inhibiteurs de la vessie.
Q3 : Qu’est-ce que la neuromodulation des racines sacrées et comment fonctionne-t-elle ? R3 : La neuromodulation des racines sacrées utilise de faibles impulsions électriques pour stimuler un nerf dans le bas du dos, rééquilibrant les arcs réflexes contrôlant la miction. Elle se déroule en deux étapes : un test de stimulation et une intervention chirurgicale pour implanter un système permanent.
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FAQ — Questions fréquentes
Quels types de protections sont recommandés pour l’incontinence urinaire ?
Le choix dépend de l’intensité des fuites. Pour une incontinence légère, une protection anatomique ou un slip absorbant discret suffit. Pour une incontinence modérée à sévère, un change complet (couche adulte) offre une meilleure absorption et une protection plus longue durée, notamment la nuit.
Comment choisir entre un change complet et un slip absorbant ?
Le change complet (couche adulte avec attaches) convient aux personnes alitées ou à mobilité réduite, car il peut être posé sans se lever. Le slip absorbant, semblable à un sous-vêtement, est préféré pour les personnes actives qui souhaitent discrétion et autonomie lors des changes.
Les couches adultes sont-elles remboursées par l’Assurance Maladie ?
Oui, partiellement. Les changes complets (couches adultes avec attaches) sont inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP) remboursables sous conditions : incontinence avérée, prescription médicale, et produits référencés. Le remboursement ne couvre pas les slips absorbants ni les protections anatomiques.


