L’incontinence urinaire d’effort (IUE) se manifeste par des fuites involontaires lors d’efforts physiques — toux, éternuement, rire, sport, soulèvement de charges. C’est la forme la plus courante chez la femme. L’Association Française d’Urologie propose une approche structurée en plusieurs lignes de traitement, du moins invasif au plus interventionnel.
Étape préalable : éliminer les diagnostics différentiels
Avant tout traitement, il est essentiel d’éliminer d’autres causes qui peuvent mimer une incontinence d’effort : prolapsus génito-urinaire, obstruction sous-vésicale, trouble de la vidange vésicale, tumeur vésicale. Un examen clinique complet est indispensable.
Traitement de première ligne : kinésithérapie et mesures hygiéno-diététiques
La rééducation du plancher pelvien
La rééducation périnéale est le traitement de référence en première intention, chez l’homme comme chez la femme. Elle repose sur le renforcement du plancher pelvien par contractions répétées et soutenues (exercices de Kegel). L’efficacité est renforcée par le contrôle via toucher pelvien, le biofeedback et l’électrostimulation vaginale. Des cônes vaginaux de poids progressifs peuvent compléter le programme.
Mesures hygiéno-diététiques
Une alimentation équilibrée et une perte de poids chez les femmes en surpoids ou obèses réduisent significativement les fuites urinaires. L’obésité augmente la pression intra-abdominale et fragilise le plancher pelvien. Même une perte de poids modérée (5 à 10 % du poids) peut améliorer considérablement la continence.
Dispositifs intravaginaux : une solution intermédiaire discrète
Pour les femmes qui ne souhaitent pas d’opération ou dont la chirurgie est contre-indiquée, des dispositifs intravaginaux offrent une solution efficace :
- Pessaires de type Dish : avec renfort sous-urétral, ils créent un soutènement de l’urètre et réduisent les fuites à l’effort par hypermobilité urétrale
- Dispositif Diveen : spécialement conçu pour l’IUE, il soutient l’urètre de manière ciblée
- Tampon hygiénique : placé superficiellement au niveau de l’introitus, il peut jouer le même rôle de soutien urétral lors d’activités physiques intenses
Ces dispositifs sont particulièrement indiqués chez les femmes jeunes sportives ou les patientes qui ne peuvent pas être opérées. Ils permettent de faire du sport, de nager, de courir sans fuite.
Solutions en attendant ou en complément du traitement
Pendant la durée de la rééducation ou en attente d’une intervention chirurgicale, les protections pour l’incontinence restent la solution la plus pratique. Pour une incontinence d’effort légère à modérée, les protections anatomiques discrètes (en forme de goutte) sont idéales : elles absorbent rapidement les petites fuites et restent totalement invisibles sous les vêtements. Pour les fuites plus importantes, des culottes absorbantes ou des protections rectangulaires de plus forte capacité sont recommandées.
Options chirurgicales en cas d’échec du traitement conservateur
Lorsque la rééducation et les dispositifs intravaginaux ne suffisent pas, la chirurgie offre des solutions très efficaces :
- Bandelette sous-urétrale (BSU) : intervention de référence pour l’IUE par hypermobilité urétrale, avec un taux de succès supérieur à 80 % à long terme. Réalisée sous anesthésie locale en ambulatoire.
- Opération de Burch (colposuspension) : alternative efficace, surtout pour les formes avec forte hypermobilité cervico-urétrale.
- Agent comblant : injection de gel péri-urétral pour les IUE par insuffisance sphinctérienne, surtout chez les patientes fragiles.
- Sphincter artificiel : réservé aux insuffisances sphinctériennes sévères.
FAQ — Incontinence d’effort féminine
La bandelette sous-urétrale est-elle définitive ?
La bandelette est permanente mais peut être retirée si nécessaire. Les études à long terme (10-15 ans) montrent un taux de succès supérieur à 70-75 % pour la continence. Elle ne nécessite pas d’anesthésie générale et l’hospitalisation dure généralement moins de 24 heures.
Peut-on faire du sport avec une incontinence d’effort ?
Oui, avec des précautions. Certains sports à fort impact (saut, course à pied) aggravent temporairement les fuites. L’utilisation d’un dispositif intravaginal (pessaire, tampon) pendant le sport, couplée à une rééducation périnéale, permet souvent de reprendre une activité physique normale.
L’incontinence d’effort peut-elle se résoudre après la ménopause ?
Non, elle tend plutôt à s’aggraver avec la ménopause en raison de la carence en œstrogènes qui fragilise les tissus de soutien urétraux. Une hormonothérapie locale (HTL) peut être associée au traitement de l’incontinence pour améliorer la trophicité des tissus.


