Une consultation urologique pour troubles de la continence commence toujours par un interrogatoire méthodique et un examen clinique complet. Ces deux étapes permettent de poser le diagnostic, d’évaluer la sévérité des symptômes et de choisir le traitement le plus approprié. Voici ce à quoi vous pouvez vous attendre.
L’interrogatoire urologique : ce que le médecin vous demande
L’interrogatoire recueille des informations précises sur votre situation :
- Données générales : taille, poids, IMC (l’obésité aggrave l’incontinence)
- Antécédents gynéco-obstétricaux : grossesses, mode d’accouchement (voie basse ou césarienne), manœuvres d’extraction, poids des nouveau-nés, rééducation périnéale post-partum, statut hormonal et âge de la ménopause
- Antécédents chirurgicaux : chirurgie pelvienne (endométriose, prolapsus, incontinence), prostatectomie chez l’homme
- Antécédents médicaux : maladies neurologiques, diabète, alcoolisme chronique
- Traitements en cours : anticholinergiques, antipsychotiques, opioïdes et leur impact vésical
Description précise des symptômes urinaires
Le médecin explore les trois phases du cycle mictionnel :
- Phase de remplissage : nycturie (se lever la nuit pour uriner), pollakiurie (mictions trop fréquentes), urgenturie (envies urgentes)
- Phase de vidange : dysurie (jet faible, miction longue), brûlures mictionnelles, poussées abdominales pour uriner
- Phase post-mictionnelle : gouttes retardataires, sensation de mauvaise vidange
- Type de fuites : permanentes, précédées d’une envie, insensibles, à l’effort, le jour et/ou la nuit
Le port de protections est également précisé : nombre de changes par jour, type de protection utilisée (anatomique légère, normale, change complet), usage diurne et/ou nocturne.
Les questionnaires d’évaluation validés
Plusieurs questionnaires standardisés permettent de quantifier les symptômes de manière objective :
- ICIQ-SF (International Consultation on Incontinence Questionnaire Short Form) : 3 questions pour évaluer la fréquence, la sévérité et l’impact sur la qualité de vie des fuites
- USP (Urinary Symptom Profile) : questionnaire complet sur tous les symptômes urinaires
- IPSS (International Prostate Symptom Score) : utilisé principalement chez l’homme pour évaluer les troubles mictionnels liés à la prostate
L’examen clinique chez la femme
L’examen gynécologique comprend :
- Inspection de la vulve : trophicité, signe d’atrophie vulvovaginale (ménopause)
- Recherche d’un prolapsus génito-urinaire (cystocèle, rectocèle, hystéroptose)
- Testing musculaire du périnée (force des muscles du plancher pelvien)
- Recherche d’une hypermobilité urétrale avec test à la toux vessie pleine (200 à 400 ml) en position gynécologique et debout
FAQ — Consultation urologique
Faut-il venir avec un bilan sanguin ou urinaire ?
Pour une première consultation, aucun examen préalable n’est indispensable. Le médecin prescrira les examens complémentaires nécessaires selon ce que révèle la consultation : ECBU si infection suspectée, créatininémie si problème rénal, PSA chez l’homme de plus de 50 ans.
Faut-il venir avec une sonde ou une protection lors de la consultation ?
Pour les tests cliniques (recherche de fuites à la toux), la vessie doit être partiellement remplie (200 à 400 ml). Il est donc conseillé de ne pas uriner dans l’heure précédant la consultation. Portez votre protection habituelle pour vous y rendre confortablement.
La consultation urologique est-elle différente d’une consultation gynécologique ?
Elle explore les mêmes symptômes mais avec une orientation plus spécifiquement fonctionnelle vésico-urétrale. L’urologue est spécialisé dans les troubles du bas appareil urinaire, qu’ils soient d’origine anatomique (prolapsus, hypermobilité urétrale) ou fonctionnelle (hyperactivité vésicale, insuffisance sphinctérienne).


