La décision de commencer une rééducation périnéo-sphinctérienne n’est pas toujours simple. La plupart des incontinences ont une présentation mixte et des mécanismes physiopathologiques multiples. La Haute Autorité de Santé donne des recommandations précises sur le moment opportun pour débuter la rééducation et sur la façon d’évaluer ses résultats.
La rééducation périnéale en première intention
En pratique générale, la rééducation périnéo-sphinctérienne est proposée en première intention chez les femmes présentant une incontinence urinaire d’effort. Il s’agit du traitement le moins invasif, sans effets indésirables significatifs et qui n’hypothèque aucune option thérapeutique ultérieure (médicaments, chirurgie).
La HAS rappelle un principe fondamental : en matière de traitement de l’incontinence urinaire, il faut toujours privilégier en premier les techniques les moins vulnérantes, dont les effets secondaires indésirables sont les moins importants, et qui ne ferment pas la porte à une escalade thérapeutique en cas d’échec.
Le rôle central du choix éclairé de la patiente
La HAS insiste sur un point souvent négligé : le choix éclairé de la patiente est le nœud décisionnel. Elle doit être informée :
- Des avantages et inconvénients de chaque option thérapeutique
- Du degré de handicap actuel et de ses perspectives d’évolution
- Du temps et de l’investissement personnel requis par la rééducation
- Des alternatives disponibles (traitement médicamenteux, chirurgie)
La volonté et la capacité de la patiente à suivre un programme de rééducation sont des éléments décisifs. Une patiente peu motivée ou peu disponible ne bénéficiera pas pleinement de la rééducation.
Durée et organisation du traitement
Une prescription initiale de 10 à 20 séances de rééducation périnéale peut être proposée. Les séances ont généralement lieu 1 à 2 fois par semaine chez le kinésithérapeute, en complément d’un travail personnel quotidien à domicile. La durée totale du programme est donc de 6 à 16 semaines environ.
Comment et quand évaluer les résultats ?
À l’issue d’une première série de séances, le kinésithérapeute adresse au médecin prescripteur une fiche de liaison résumant :
- L’évolution du testing musculaire périnéal (force, endurance)
- La réduction du nombre et de l’intensité des fuites
- L’amélioration de la qualité de vie
- Les recommandations pour la suite du traitement
Le pad-test (test à la compresse) permet de mesurer objectivement la quantité d’urine perdue lors d’un effort standardisé. C’est l’outil de référence pour comparer les résultats avant et après rééducation.
Protections et suivi du traitement
Un indicateur pratique de l’efficacité de la rééducation : le nombre de protections utilisées par jour. Tenir un journal du nombre et du type de protections employées pendant et après la rééducation permet de mesurer les progrès de manière concrète. Passer d’une protection normale à une protection anatomique légère, puis à aucune protection, est un objectif réaliste pour de nombreuses patientes.
FAQ — Résultats de la rééducation périnéale
Au bout de combien de séances voit-on des résultats ?
Les premières améliorations se font généralement sentir après 6 à 8 séances. Une amélioration significative est obtenue dans les 10 à 15 séances pour la majorité des patientes. Le maintien des exercices à domicile après la fin du programme est essentiel pour pérenniser les résultats.
Que faire si la rééducation périnéale ne suffit pas ?
Si après 20 séances les résultats restent insuffisants, le médecin peut proposer un traitement médicamenteux (anticholinergiques, bêta-3 agonistes pour la vesssie hyperactive) ou une chirurgie (bandelette sous-urétrale pour l’incontinence d’effort). La rééducation n’est jamais un échec : elle a renforcé le périnée et optimise les résultats de toute intervention ultérieure.
Faut-il continuer les exercices après la fin des séances ?
Oui, c’est indispensable. Les études montrent que les résultats se maintiennent mieux chez les femmes qui poursuivent les exercices du plancher pelvien à domicile après la fin du programme. 3 séries de 10 contractions par jour suffisent pour entretenir le tonus musculaire périnéal.


