La compréhension de procédés et observations sur l’incontinence urinaire est essentielle pour les personnes qui vivent avec l’incontinence urinaire ou fécale. En France, plus de 5 millions de personnes sont touchées par ces troubles, qui impactent significativement la qualité de vie au quotidien. Les protections adaptées — couches adultes, slips absorbants, changes complets — jouent un rôle central dans la gestion de ces situations.
Ce document présente des observations cliniques sur des cas d’incontinence urinaire, ainsi que des descriptions de procédés chirurgicaux utilisés pour traiter cette condition. Les résultats de ces interventions sont variés, et certaines techniques se sont révélées plus efficaces que d’autres.
Introduction
Le procédé a été appliqué dans deux cas.
Observations Cliniques
Observation 33
Dans un cas d’incontinence survenue après la cure d’une fistule vésico-vaginale. Dans une incontinence consécutive à l’élimination par l’urèthre d’un gros calcul de 0,07 centimètres sur 0,05 centimètres. Le résultat fonctionnel a été très satisfaisant. Les deux malades ont pu garder leurs urines, et quand celles-ci urinaient, le jet sortait petit, étalé transversalement et un peu éparpillé par le clitoris.
Source : Dürer, Journal des Sciences méd. de Lille, n° 4, 23 janvier 1891, p. 82.
Observation 84
Jeune fille qui élimine par le canal uréthral un calcul de 3 centimètres. Depuis lors, elle a une incontinence d’urine, et toutes les tentatives de guérison entreprises jusque-là ont échoué.
Procédé de Gersuny
C’est incontestablement le procédé qui a été suivi du résultat le plus brillant. Il consiste à faire subir au canal une torsion suivant son axe, de façon à réaliser un mécanisme de fermeture analogue à celui de certaines blagues à tabac en caoutchouc. La muqueuse uréthrale présente après la torsion de nombreux plis s’étendant d’un orifice à l’autre, et le canal a la forme de deux entonnoirs appliqués bout à bout par leur sommet.
Manuel Opératoire
On place, sur le bord supérieur de l’orifice externe de l’urèthre, un fil de repère, destiné à faciliter l’orientation. On trace une incision autour de cet orifice. On dissèque circulairement le canal, de telle sorte qu’une enveloppe suffisamment épaisse de tissu reste adhérente à ses parois, afin de ne pas porter atteinte à leur nutrition. On poursuit la dissection presque sous l’arcade du pubis de façon à avoir sous les yeux un tube de deux centimètres de long. L’urèthre ainsi disséqué est alors tordu sur son axe dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre : lorsque la torsion a atteint 180°, on suture la plaie aux tissus voisins, après s’être préalablement assuré qu’une fine sonde puisse passer sans difficulté.
Observation 35
Jeune fille de 14 ans, entrée à l’hôpital en 1883 pour une incontinence complète d’urine. La malade, au dire de sa mère, aurait subi dès sa première année une opération suivie d’insuccès. Elle est vigoureusement développée et de très bonne constitution. À l’examen des organes génito-urinaires : entrée du vagin normal, fermée par un hymen annulaire ; l’urèthre anormalement court (1 centimètre) et anormalement large (recevant le petit doigt) se prolonge en haut en une petite fente qui arrive entre les deux moitiés écartées du clitoris. L’urine s’écoule constamment dans la position verticale, mais peut être retenue quelque temps, un temps très court il est vrai, et être ensuite expulsée volontairement, quand la malade est au lit.
Il s’agit donc d’un cas d’épispadias évident avec sphincter vésical ouvert ou incomplètement développé. Gersuny tente la restauration. Suture après incision médiane allant jusqu’à la vessie, et avivement des deux moitiés du clitoris. Réunion immédiate, mais résultat fonctionnel nul. Dans les trois premiers jours qui suivent l’opération, la malade présente une amélioration évidente ; elle peut au lit retenir ses urines plus longtemps qu’auparavant, mais quatre jours plus tard, tout est revenu à l’ancien état.
Sur la demande de Gersuny, Pawlick pratique lui-même son opération contre l’incontinence d’urine. Cette opération est faite une fois à droite et deux fois à gauche. Comme résultat : la malade assise garde ses urines pendant une heure, couchée elle les perd quelquefois, debout elle les perd toujours.
Gersuny, persuadé que le sphincter est rudimentaire, n’osant appliquer, à cette jeune fille, alors âgée de 19 ans, ni le procédé de Rutenberg, qu’il considère comme un pis-aller, ni celui de Pawlick déjà vainement tenté, pratique son opération le 3 octobre 1888. Sept jours après, ablation des sutures. Sphacèle superficiel de la muqueuse située autour de l’orifice uréthral. Résultat fonctionnel parfait immédiatement après l’opération : mais les jours suivants, la malade peut encore garder assise ou au lit jusqu’à 1/4 de litre pendant plusieurs heures. Dans la station verticale, l’urine continue à s’écouler goutte à goutte.
Le 26 octobre, c’est-à-dire trois semaines après la première opération, nouvelle tentative : dissection de l’urèthre sur une étendue de 1 centimètre, torsion de 90° dans le même sens que la première fois, sutures. Rétention d’urine pendant deux jours ; l’urine est ensuite expulsée volontairement. Au lit et assise, la malade garde jusqu’à 200 centimètres cubes de liquide : pendant la marche, la continence ne dure pas plus de 10 minutes.
Le 7 novembre – Un mois après la seconde opération, nouvel essai avec une torsion de 180°, 7 points de suture. Par suite de ces trois opérations, l’orifice de l’urèthre a subi une torsion de 450°, un cercle et quart.
Après cette dernière opération, trois jours de rétention, combinée avec le cathétérisme. À partir du 30 novembre, il n’est plus nécessaire de sonder la malade. Légère cystite rapidement guérie.
Le 1er décembre – Les points de suture sont enlevés : réunion parfaite par première intention. Au lit et assise, la malade peut rester trois heures sans uriner ; en marchant, il est impossible de rester plus de cinq minutes sans voir survenir un pressant besoin de miction. La capacité vésicale augmente de jour en jour ; la quantité d’urine de chaque miction varie entre 100 et 200 grammes.
Le 19 décembre – Exéat. Le besoin d’uriner ne se manifeste plus qu’au bout de quatre heures ; la miction dure cinq minutes. L’urèthre laisse passer une sonde n° 13 de la filière Charrière.
Le 11 février – Gersuny revoit son opérée. Son état s’est encore amélioré. Le besoin d’uriner ne survient plus que lorsque la vessie contient un demi-litre d’urine. L’évacuation se fait sous la seule influence de la volonté : jamais une goutte de liquide ne s’écoule involontairement.
À la fin d’avril, une lettre informe Gersuny que sa cliente peut retenir ses urines cinq heures, elle doit alors céder à un impérieux besoin. Le temps de la miction est au plus de cinq minutes. La quantité de liquide est d’un demi-litre.
On doit incontestablement considérer l’état de cette malade comme normal. La durée de la miction est un peu longue il est vrai ; mais c’est là une considération en somme peu sérieuse, si l’on songe que les évacuations de la vessie.
Questions-Réponses
- Quel est le principal procédé chirurgical décrit dans le texte ?
- Le procédé de Gersuny, qui consiste à réaliser une torsion du canal uréthral pour créer un mécanisme de fermeture.
- Quels sont les résultats fonctionnels observés après les interventions ?
- Les résultats varient, mais certaines patientes ont pu garder leurs urines, tandis que d’autres ont continué à éprouver des difficultés.
- Quelles complications ont été observées après les opérations ?
- Des complications telles que des rétentions urinaires, des sphacèles et des cystites ont été notées après certaines interventions.
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FAQ — Questions fréquentes
Quels types de protections sont recommandés pour l’incontinence urinaire ?
Le choix dépend de l’intensité des fuites. Pour une incontinence légère, une protection anatomique ou un slip absorbant discret suffit. Pour une incontinence modérée à sévère, un change complet (couche adulte) offre une meilleure absorption et une protection plus longue durée, notamment la nuit.
Comment choisir entre un change complet et un slip absorbant ?
Le change complet (couche adulte avec attaches) convient aux personnes alitées ou à mobilité réduite, car il peut être posé sans se lever. Le slip absorbant, semblable à un sous-vêtement, est préféré pour les personnes actives qui souhaitent discrétion et autonomie lors des changes.
Les couches adultes sont-elles remboursées par l’Assurance Maladie ?
Oui, partiellement. Les changes complets (couches adultes avec attaches) sont inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP) remboursables sous conditions : incontinence avérée, prescription médicale, et produits référencés. Le remboursement ne couvre pas les slips absorbants ni les protections anatomiques.


