Le prolapsus génital — plus connu sous le nom de « descente d’organes » — est une pathologie fréquente qui touche une femme sur deux après 50 ans à des degrés variables. Souvent banalisé ou mal compris, ce trouble peut entraîner une gêne significative et des complications urinaires et digestives. Voici ce qu’il faut savoir.
Qu’est-ce que le prolapsus génital ?
Le pelvis féminin contient quatre organes : la vessie (en avant), l’utérus et le vagin (au milieu), et le rectum (en arrière). Un prolapsus génital est un déplacement anormal d’un ou plusieurs de ces organes vers le bas, par affaissement des structures de soutien (muscles du plancher pelvien, ligaments, fascias).
Selon l’organe concerné, on parle de :
- Cystocèle : descente de la vessie (prolapsus antérieur)
- Hystéroptose : descente de l’utérus (prolapsus apical/moyen)
- Rectocèle : descente du rectum (prolapsus postérieur)
- Élytrocèle : descente du cul-de-sac péritonéal de Douglas (prolapsus postérieur haut)
Les causes et facteurs de risque
Plusieurs facteurs contribuent au développement d’un prolapsus :
- Grossesses et accouchements : chaque accouchement par voie basse étire et peut traumatiser le plancher pelvien. Les accouchements longs, instrumentaux (forceps), ou d’enfants de grande taille (plus de 4 kg) sont particulièrement à risque.
- Ménopause : la carence en œstrogènes fragilise les tissus de soutien (ligaments, fascias, paroi vaginale) qui perdent leur élasticité.
- Chirurgies pelviennes : l’hystérectomie est un facteur de risque de prolapsus du dôme vaginal.
- Facteurs de pression chronique : constipation chronique (poussées abdominales répétées), toux chronique (tabagisme, asthme), obésité.
- Facteurs constitutionnels : antécédents familiaux, origines ethniques (les femmes caucasiennes et hispaniques sont plus touchées).
Les symptômes selon le type de prolapsus
Le symptôme principal est la sensation d’une « boule » ou d’une pesanteur vaginale, majorée en position debout et en fin de journée. Selon l’organe concerné s’ajoutent :
- Cystocèle : symptômes urinaires (urgences, fuites, dysurie, infections urinaires récidivantes, sensation de mauvaise vidange)
- Rectocèle : symptômes digestifs (constipation, sensation de mauvaise évacuation, nécessité de comprimer la paroi vaginale pour déféquer)
- Hystéroptose : pesanteur, sensation de corps étranger, dyspareunie
Les traitements disponibles
Traitement conservateur
Pour les grades légers à modérés, la rééducation périnéo-sphinctérienne est proposée en première intention. Elle renforce les muscles de soutien et améliore les symptômes fonctionnels. Une hormonothérapie locale (crème ou ovule à base d’œstriol) améliore la trophicité des tissus vaginaux à la ménopause.
Le pessaire
Dispositif intravaginal (anneau, cube ou autre forme), le pessaire maintient les organes prolabés en position anatomique. Solution efficace, non chirurgicale, particulièrement adaptée aux femmes qui ne souhaitent pas opérer ou qui ne peuvent pas être opérées. Il nécessite un suivi régulier (changement tous les 3 à 6 mois en consultation).
La chirurgie
Indiquée pour les prolapsus symptomatiques de grade 3-4, la chirurgie offre d’excellents résultats. La promontofixation (fixation des organes au ligament vertébral sacré par voie laparoscopique, avec ou sans robot) est la technique de référence pour les femmes jeunes, avec un taux de succès supérieur à 90 % à 5 ans. La voie vaginale (sans prothèse ou avec bandelettes) est réservée aux femmes plus âgées ou fragiles.
Prolapsus et protections pour incontinence
Un prolapsus, notamment une cystocèle, peut s’accompagner d’une incontinence urinaire ou au contraire d’une difficulté à uriner (obstruction par effet pelote). Dans les deux cas, des protections adaptées — anatomiques légères pour une IUE associée, ou changes plus absorbants en cas d’incontinence plus importante — font partie de la prise en charge globale en attendant le traitement définitif.
FAQ — Prolapsus génital
Peut-on prévenir un prolapsus ?
Une prévention totale n’est pas possible, mais on peut réduire le risque : rééducation périnéale systématique après l’accouchement, maintien d’un poids normal, traitement de la constipation et de la toux chronique, arrêt du tabac, et hormonothérapie locale à la ménopause pour maintenir la trophicité des tissus.
Le prolapsus s’aggrave-t-il toujours avec le temps ?
Pas nécessairement. Des prolapsus de grade 1-2 peuvent rester stables pendant de nombreuses années, surtout si les facteurs aggravants sont contrôlés (constipation, obésité, toux). La rééducation périnéale peut même améliorer un prolapsus de grade 1-2 dans certains cas.
La chirurgie du prolapsus est-elle remboursée ?
Oui, la chirurgie du prolapsus génital (promontofixation ou voie vaginale) est prise en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’elle est réalisée dans un établissement conventionné pour un prolapsus symptomatique. Un devis préopératoire est établi avec les dépassements d’honoraires éventuels selon le secteur du chirurgien.


