Traitement de l’incontinence urinaire chez la personne âgée en gériatrie

Le traitement de l’incontinence urinaire chez la personne âgée nécessite une approche différente de celle des adultes plus jeunes. Les causes sont souvent multiples et intriquées, les traitements doivent tenir compte des comorbidités et des médicaments pris par le patient, et l’environnement joue un rôle central. Une approche multidisciplinaire en milieu gériatrique est recommandée.

Les spécificités de l’incontinence gériatrique

Chez la personne âgée, l’incontinence urinaire est rarement due à une seule cause. On distingue deux grands types :

  • L’incontinence organique : liée à des atteintes du système vésico-sphinctérien (hyperactivité vésicale, insuffisance sphinctérienne, obstruction prostatique, troubles neurologiques)
  • L’incontinence fonctionnelle : la vessie et le sphincter sont relativement normaux, mais la personne ne peut pas atteindre les toilettes à temps pour des raisons physiques (mobilité réduite, douleurs) ou cognitives (démence, désorientation)

Les deux types coexistent souvent. L’incontinence fonctionnelle est particulièrement fréquente en EHPAD : 90 % des résidents présentant une démence avérée ont une incontinence urinaire.

Traitement de la composante fonctionnelle

Le premier levier thérapeutique chez la personne âgée est l’adaptation de l’environnement :

  • Repérage et accessibilité des toilettes (signalétique, éclairage nocturne, barres d’appui)
  • Vêtements facilitant le déshabillage rapide (éviter les boutons difficiles, préférer les velcros)
  • Moyens d’appel accessibles et réponse rapide du personnel
  • Mictions programmées régulières (toutes les 2 à 3 heures) pour anticiper les envies
  • Rééducation au toilettage (guiding pour les patients désorientés)

Traitement médicamenteux adapté à la personne âgée

Certains médicaments sont à privilégier et d’autres à éviter chez la personne âgée :

  • À privilégier : mirabégron (bêta-3 agoniste) pour l’hyperactivité vésicale — meilleure tolérance cognitive que les anticholinergiques chez les sujets âgés
  • À utiliser avec prudence : anticholinergiques (oxybutinine, solifénacine) — risque de confusion, de rétention urinaire, de constipation et d’aggravation des troubles cognitifs chez les patients déjà fragiles
  • À rechercher et corriger : médicaments aggravant l’incontinence — diurétiques (adapter les horaires), alpha-bloquants, sédatifs, antidépresseurs

La rééducation chez la personne âgée

La rééducation périnéo-sphinctérienne reste efficace chez les personnes âgées sans troubles cognitifs importants. Les exercices de Kegel, même simplifiés, permettent une amélioration significative chez 60 à 70 % des femmes âgées présentant une incontinence d’effort ou mixte.

Chez les patients avec troubles cognitifs, la rééducation comportementale (mictions programmées, rééducation au toilettage) reste applicable et efficace pour réduire le nombre d’épisodes d’incontinence.

Le rôle central des protections en gériatrie

Dans le contexte gériatrique, les protections pour incontinence sont une composante incontournable de la prise en charge. Elles permettent :

  • De maintenir le confort et la dignité du patient
  • De préserver l’autonomie sociale (sorties, activités)
  • De protéger la peau et prévenir les dermites (avec une hygiène rigoureuse à chaque change)
  • De faciliter le travail des soignants et des aidants

Le choix de la protection doit être individualisé : changes complets pour les patients dépendants, culottes absorbantes pour les patients partiellement autonomes, protections anatomiques pour les incontinences légères chez les personnes encore très actives. Des marques comme MoliCare (HARTMANN), Lille Healthcare ou TENA proposent des gammes spécifiquement conçues pour le milieu institutionnel.

FAQ — Incontinence gériatrique

Faut-il accepter l’incontinence comme une fatalité du vieillissement ?

Non. L’incontinence n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, même si sa fréquence augmente avec l’âge. Une évaluation médicale permet souvent d’identifier des causes traitables (infection urinaire, médicament, rétention par obstruction prostatique, hyperactivité vésicale). Des améliorations significatives sont obtenues dans la grande majorité des cas.

L’incontinence peut-elle précipiter une institutionnalisation ?

L’incontinence est l’une des causes principales de demande d’entrée en EHPAD. Elle représente 50 à 80 % des motifs d’institutionnalisation lorsqu’elle est sévère et non prise en charge. Une prise en charge précoce, avec aide technique (protections, aménagement du domicile) et soins, peut retarder significativement l’entrée en institution.

Combien de changes par jour sont nécessaires en EHPAD ?

En établissement, le protocole standard est de 4 à 6 changes par 24 heures selon le niveau d’incontinence. Ce rythme est adapté individuellement. Des protections de nuit de haute capacité (4 gouttes) permettent de limiter les changes nocturnes et de respecter le sommeil du résident.

Les articles sur la même thématique

Les protections les plus achetées