La prise en charge pratique de rééducation du périnée : techniques et approches s’inscrit dans une approche globale du bien-être des personnes souffrant d’incontinence. Que ce soit à domicile ou en établissement, les bonnes pratiques dans ce domaine permettent d’améliorer confort et qualité de vie, en complément des protections adaptées.
La rééducation périnéale est essentielle pour les patientes souffrant de diverses dysfonctions pelviennes. Ce texte aborde les différentes techniques de rééducation, notamment le verrouillage à l’effort, l’électrostimulation, le biofeedback et l’utilisation de cônes vaginaux. Chacune de ces méthodes vise à améliorer la prise de conscience et la force des muscles du plancher pelvien.
Le verrouillage à l’effort
La patiente apprend à verrouiller son périnée, c’est-à-dire maintenir une contraction puis tousser, enfin relâcher son périnée. Selon un rythme irrégulier, engendrant un effet de surprise, on demande successivement des contractions simples ou des contractions avec toux.
La toux, qui représente une poussée abdominale, peut être alternée avec l’effort de relever les jambes ou de se redresser en position assise. De la même façon que l’exercice précédent, le verrouillage avant la toux peut être réalisé en décubitus puis en positions debout et assise.
Le déroulement des séances
La première semaine, trois séances minimum sont nécessaires, puis une séance par semaine et plus tard par mois suffit si la progression est bonne. À partir d’une séance entière sans erreur, on peut proposer le travail à domicile, auquel on adjoint l’exercice consistant à stopper une seule fois le jet urinaire en début de miction sur une vessie normalement remplie : le stop-pipi.
Le stop-pipi est pratiqué à une ou deux secondes du début de la miction, car réalisé plus tardivement, il pourrait aboutir à la persistance d’un résidu post-mictionnel. Pour cette raison, il est contre-indiqué en cas d’infections urinaires fréquentes ou de vessies instables.
L’électrostimulation
Le principe
C’est une technique de rééducation passive qui a trois objectifs :
- La prise de conscience de l’existence des muscles du plancher pelvien dont la stimulation électrique provoque la contraction passive, perçue par le patient.
- Le renforcement des muscles par entraînement passif.
- L’amélioration de la trophicité par effet vasculaire.
La pratique
La stimulation doit durer une à deux secondes et être suivie d’un temps de repos au moins double, soit 2 à 5 secondes. L’intensité du courant est augmentée progressivement de manière à solliciter un nombre croissant de fibres, mais le seuil douloureux ne doit jamais être atteint.
La fréquence du courant est adaptée au but thérapeutique : le 50 Hz est indiqué dans le réveil proprioceptif du muscle, le 100 Hz pour le travail de musculation, et la fréquence 20 Hz est utilisée pour ses propriétés antalgiques dans les suites d’interventions chirurgicales pelviennes.
Lorsque la contraction pelvienne est bien perçue par le patient, on lui demande d’accompagner la contraction induite par le courant électrique d’une contraction volontaire, puis en fin de séance de contracter sans la machine. Les séances durent environ quinze minutes avec stimulation électrique, puis dix minutes sans stimulation. Elles sont pratiquées au rythme de trois par semaine.
Le biofeedback
Définition
Le biofeedback, également appelé rétroaction sensorielle, est une technique demandant un travail actif de la patiente, en retour duquel elle perçoit des informations lui permettant d’ajuster ce travail. Cette technique développe une prise de conscience d’une fonction physiologique effectuée jusqu’alors inconsciemment et permet, lorsque cette fonction est altérée, une autocorrection grâce à un contrôle immédiat par l’appareil.
Technique
Elle dérive de l’appareil appelé périnéomètre, qui utilisait une sonde manométrique vaginale captant la contraction périnéale. Actuellement, on peut utiliser les propriétés électriques du muscle pour capter les contractions grâce à une électrode de surface et la transmettre à l’oscilloscope d’un électromyographe.
Le biofeedback peut être d’origine vésicale et utilisé dans le traitement de l’instabilité vésicale.
Les cônes vaginaux
L’utilisation des cônes vaginaux peut servir de complément à l’entraînement des muscles pelviens chez la femme. La patiente reçoit un jeu de cônes de volume et de forme identiques mais de poids croissant (20 à 100 g).
Le programme d’exercice structuré consiste à introduire le cône lesté dans le vagin, la partie effilée reposant sur la face profonde du périnée. Cet exercice est répété deux fois par jour. La contraction soutenue nécessaire pour retenir le cône augmenterait la force des muscles du plancher périnéal.
Cependant, des études récentes remettent en question l’efficacité de ces cônes.
Conclusion
La rééducation, alliant une ou plusieurs techniques sus-décrites, doit toujours être tentée en premier dans sa meilleure indication : l’incontinence urinaire d’effort (IUE). Les résultats sont d’autant meilleurs que celle-ci est modérée, récente et que la patiente est motivée. Globalement, elle peut être utile en préparation à l’accouchement, dans la rééducation post-natale précoce ou en post-partum, ainsi qu’en préparation aux interventions chirurgicales.
Questions-Réponses
- Quelles sont les principales techniques de rééducation périnéale ?
- Les principales techniques incluent le verrouillage à l’effort, l’électrostimulation, le biofeedback et l’utilisation de cônes vaginaux.
- Quelle est l’importance du stop-pipi dans la rééducation ?
- Le stop-pipi est un exercice de prise de conscience qui aide à contrôler le jet urinaire, mais il doit être pratiqué avec précaution pour éviter des complications.
- Comment se déroule une séance d’électrostimulation ?
- Une séance d’électrostimulation dure environ 25 minutes, avec 15 minutes de stimulation électrique suivies de 10 minutes sans stimulation, et est pratiquée trois fois par semaine.
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FAQ — Questions fréquentes
Combien de fois par jour faut-il changer une protection adulte ?
En règle générale, une protection doit être changée toutes les 3 à 6 heures selon son niveau de saturation, sans attendre la saturation complète. La nuit, des protections à haute absorption permettent de tenir 8 à 10 heures. Une peau humide trop longtemps favorise les irritations et les infections.
Comment prévenir les irritations cutanées lors de l’utilisation de couches adultes ?
Il est essentiel de nettoyer soigneusement la zone à chaque change avec de l’eau tiède et un savon doux, de sécher parfaitement avant de remettre une protection, et d’appliquer si nécessaire une crème barrière. Choisir des protections avec indicateur d’humidité aide à ne pas dépasser le seuil de saturation.
Quelle taille de couche adulte choisir ?
La taille se détermine par la mesure du tour de taille et/ou du tour de hanches selon le produit. La plupart des marques proposent des guides de taille (S, M, L, XL). Une protection trop grande laisse des fuites sur les côtés ; trop petite, elle comprime et est inconfortable. En cas de doute, il vaut mieux choisir la taille supérieure.


