En 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié un avis officiel sur la sécurité des protections pour incontinence. Cette expertise, conduite sur quatre phases, visait à évaluer les risques d’infection, d’allergie, d’intolérance et d’action chimique liés au port prolongé de couches et changes adultes. Voici ce qu’il faut retenir.
Ce que l’ANSES a analysé
L’étude a porté sur quatre aspects complémentaires :
- La composition chimique des protections pour incontinence (matériaux, fibres, superabsorbants, parfums)
- L’identification des substances chimiques préoccupantes potentiellement présentes
- La mesure de migration de ces substances vers la peau et les muqueuses
- L’évaluation quantitative du risque sanitaire pour différentes populations d’utilisateurs
Les substances trouvées et leurs niveaux de risque
Les analyses ont détecté la présence de plusieurs substances chimiques dans les protections testées : dioxines, furanes, PCB-DL (polychlorobiphényles) et formaldéhyde. Ces substances sont connues pour leur toxicité potentielle à long terme.
Cependant, l’ANSES précise que pour les personnes dont la peau est saine et intègre, les seuils de risque sanitaire ne sont pas dépassés. L’évaluation du risque a conclu à l’absence de danger significatif pour la grande majorité des utilisateurs en bonne santé cutanée.
Les populations à surveiller : peau lésée ou fragile
La situation est différente pour deux catégories de population vulnérable :
- Les personnes âgées avec des lésions cutanées sur les fesses et la zone génitale (escarres, dermites, érythèmes)
- Les jeunes patients présentant des plaies ou irritations persistantes dans la zone de contact
Pour ces personnes, le port permanent de protections pendant plus d’un an peut constituer un risque sanitaire, notamment via l’absorption cutanée des substances chimiques à travers la peau lésée.
Les recommandations de l’ANSES
L’ANSES adresse plusieurs recommandations :
- Aux fabricants : éliminer ou minimiser la présence de substances chimiques préoccupantes dans les protections pour incontinence, notamment les dioxines, furanes et formaldéhyde
- Aux professionnels de santé et soignants : prévenir activement l’apparition de lésions cutanées chez les personnes portant des protections en permanence — hygiène rigoureuse, changements fréquents, crème protectrice
- Aux utilisateurs : changer régulièrement les protections, surveiller l’état cutané, et consulter en cas d’irritation persistante
Comment minimiser les risques au quotidien
Pour réduire au maximum l’exposition aux substances chimiques et prévenir les dermites, quelques règles simples sont essentielles :
- Changer régulièrement la protection (dès saturation et au moins toutes les 4 heures en cas de port continu)
- Nettoyer la peau avec des produits doux, sans savon agressif, et sécher soigneusement
- Appliquer une crème protectrice (à base d’oxyde de zinc ou de dexpanthénol) en cas de peau fragile
- Choisir des protections certifiées : labels Oeko-Tex, EU Ecolabel ou équivalents garantissent des niveaux réduits de substances chimiques
- Adapter l’absorbance : une protection trop absorbante gardée trop longtemps est plus irritante qu’une protection de moindre capacité changée fréquemment
FAQ — Sécurité des couches adultes
Les couches adultes sont-elles dangereuses ?
Pour la grande majorité des utilisateurs avec une peau saine, non. L’ANSES conclut que les niveaux de substances chimiques détectés ne dépassent pas les seuils de risque. C’est uniquement pour les personnes avec des lésions cutanées préexistantes et un port continu très prolongé qu’un risque potentiel a été identifié.
Comment savoir si une protection est certifiée sans substances nocives ?
Recherchez les labels : Oeko-Tex Standard 100 (contrôle des substances nocives dans les textiles), EU Ecolabel (critères environnementaux et sanitaires), ou certifications équivalentes. Ces labels sont présents sur l’emballage. Des marques comme Abena, HARTMANN ou Lille Healthcare proposent des gammes certifiées.
À quelle fréquence faut-il changer une protection pour incontinence ?
Au minimum dès que la protection est saturée ou souillée. En pratique, un changement toutes les 3 à 4 heures est recommandé pour les personnes portant des protections en continu. Un nursing rigoureux avec nettoyage de la peau à chaque change est indispensable pour prévenir les dermites.


