L’incontinence urinaire ne désigne pas une seule et même condition. La Haute Autorité de Santé distingue trois grands types cliniques, chacun ayant ses mécanismes et son approche thérapeutique. Comprendre ces distinctions est la première étape pour choisir la rééducation périnéo-sphinctérienne la mieux adaptée.
Les trois types cliniques d’incontinence urinaire
1. L’incontinence urinaire d’effort
Il s’agit de la perte involontaire d’urine lors d’un effort physique : toux, éternuement, rire, sport, soulèvement de charges. Elle survient lorsque la pression abdominale dépasse la résistance urétrale, souvent en raison d’une insuffisance du plancher pelvien. C’est la forme la plus fréquente chez la femme jeune et d’âge moyen.
2. L’incontinence urinaire par impériosité (ou urgenturie)
Elle se manifeste par une envie soudaine, urgente et non inhibable d’uriner, suivie ou non d’une fuite. Elle peut survenir au repos, la nuit, sans effort. Elle est liée à une hyperactivité du muscle vésical (détrusor). Elle est plus fréquente avec l’âge et peut s’inscrire dans un tableau de vessie hyperactive.
3. L’incontinence urinaire mixte
Très courante (représente plus de 30 % des cas), elle associe les deux types précédents. Le traitement doit alors s’attaquer aux deux mécanismes simultanément, ce qui rend la prise en charge plus complexe mais pas moins efficace.
Ce qui n’est pas une incontinence urinaire
Certaines pertes d’urine ne correspondent pas à une incontinence au sens strict. Il faut distinguer les fuites liées à une fistule urinaire (communication anormale entre la vessie et le vagin), à un abouchement urétéral ectopique, à une rétention avec regorgement, ou encore à des pertes post-mictionnelles. Ces situations nécessitent des prises en charge spécifiques différentes.
Le bilan avant la rééducation périnéo-sphinctérienne
Avant tout programme de rééducation, la HAS recommande un interrogatoire et un examen clinique complets. Ils permettent :
- D’écarter ce qui n’est pas une incontinence urinaire vraie
- D’identifier les facteurs de risque et les pathologies associées
- De choisir les techniques de rééducation les plus appropriées
- De poser des objectifs thérapeutiques clairs et mesurables
La rééducation périnéo-sphinctérienne : traitement de première ligne
Pour l’incontinence d’effort, la rééducation périnéale est recommandée en première intention avant tout traitement médicamenteux ou chirurgical. Elle comprend plusieurs techniques complémentaires : exercices du plancher pelvien, biofeedback, électrostimulation, rééducation comportementale. Une série de 10 à 20 séances permet d’obtenir une amélioration significative dans la majorité des cas.
Pour l’incontinence par impériosité, les thérapies comportementales (mictions programmées, techniques d’inhibition de l’urgence) et les médicaments anticholinergiques ou bêta-3 agonistes sont également proposés.
Protections et rééducation : une combinaison gagnante
Pendant la durée de la rééducation (en général 2 à 3 mois), les protections pour l’incontinence restent indispensables pour vivre normalement. Les fuites diminuent progressivement au fil des séances ; il est conseillé de choisir des protections discrètes et respirantes pour ne pas perturber la vie quotidienne. Des marques comme Tena, MoliCare ou HARTMANN proposent une gamme complète adaptée à chaque stade du traitement.
FAQ — Types d’incontinence et rééducation
Comment savoir si j’ai une incontinence d’effort ou par impériosité ?
L’incontinence d’effort survient lors d’une augmentation de la pression abdominale (toux, sport). L’incontinence par impériosité se manifeste par une envie urgente et soudaine, souvent sans lien avec l’effort. En cas de doute, un catalogue mictionnel tenu sur 48h permet généralement de clarifier le tableau clinique.
La rééducation périnéale peut-elle guérir une incontinence mixte ?
Oui, dans une bonne proportion de cas. La rééducation agit sur le renforcement musculaire périnéal (pour la composante effort) et sur le contrôle vésical (pour la composante impériosité). Les résultats sont légèrement moins bons que pour l’incontinence pure d’effort, mais une amélioration notable est obtenue chez la majorité des patientes.
Combien de séances de rééducation périnéale sont nécessaires ?
La HAS recommande entre 10 et 20 séances au maximum en première intention. Une évaluation est réalisée après la première série. Si des progrès significatifs sont constatés, un renouvellement peut être prescrit. L’exercice régulier à domicile entre les séances est essentiel pour consolider les résultats.


